Maintien des garanties
Préserver le niveau de remboursement, notamment sur les postes qui peuvent générer des restes à charge importants.

Le Gouvernement prépare une baisse de la part remboursée par l’Assurance Maladie sur plusieurs dépenses de santé. Ces mesures, qui pourraient entrer en vigueur le 1er janvier 2027, augmenteraient mécaniquement le reste à financer par les complémentaires ou par les patients. Leur effet précis sur les cotisations n’est toutefois pas encore connu.
Le 24 juillet 2026, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a confirmé l’envoi de plusieurs projets de décrets aux instances de l’Assurance Maladie. Ces textes prévoient de modifier la répartition des remboursements entre l’Assurance Maladie obligatoire et les organismes complémentaires. Ils concernent les médicaments dont le service médical rendu est jugé faible ou modéré, les transports sanitaires, les soins dentaires et certains dispositifs médicaux.
À ce stade, les décrets ne sont pas encore publiés. Les mesures sont donc engagées, mais leurs modalités définitives peuvent encore évoluer.
Les projets présentés prévoient plusieurs baisses ciblées de la prise en charge par l’Assurance Maladie.
Ces évolutions pourraient s’appliquer à compter du 1er janvier 2027. Le Gouvernement en attend environ 1,4 milliard d’euros d’économies annuelles pour l’Assurance Maladie.
Cette décision intervient dans un contexte financier particulièrement tendu. L’Assurance Maladie estime son déficit à 13,8 milliards d’euros pour 2026 et a présenté, dans son rapport « Charges et Produits pour 2027 », un ensemble de propositions représentant 3,9 milliards d’euros d’économies potentielles. Les nouveaux transferts de remboursement annoncés par le Gouvernement ne doivent cependant pas être confondus avec les propositions formulées dans ce rapport.
Lorsqu’un taux de remboursement diminue, le prix du soin ou du produit ne baisse pas pour autant. La part qui n’est plus financée par l’Assurance Maladie augmente le ticket modérateur, c’est-à-dire la somme restant due après son intervention.
Cette somme peut ensuite être prise en charge par la complémentaire santé, en totalité ou en partie, selon la nature de la dépense et les garanties du contrat. Elle peut également rester à la charge du patient.
Prenons l’exemple simplifié d’une prestation facturée 100 euros et actuellement remboursée à 60 % par l’Assurance Maladie. La part restante est aujourd’hui de 40 euros. Si le remboursement public passe à 50 %, cette part atteint 50 euros. Les 10 euros supplémentaires devront être financés par la complémentaire ou par l’assuré.
C’est pourquoi on parle de transfert de charges : la dépense est déplacée de l’Assurance Maladie vers un autre financeur.
La réponse dépendra des prestations concernées et du contrat souscrit.
Les contrats dits « responsables » doivent généralement prendre en charge le ticket modérateur sur les actes remboursables par la Sécurité sociale. Il existe néanmoins des exceptions, notamment pour certains médicaments faiblement remboursés. Aujourd’hui, la prise en charge obligatoire ne s’applique pas aux médicaments remboursés à 15 % ou à 30 % par l’Assurance Maladie.
Les textes définitifs devront donc préciser comment les nouvelles règles de remboursement s’articuleront avec les obligations imposées aux contrats responsables.
Pour les soins dentaires, les transports sanitaires et certains dispositifs médicaux, le transfert devrait davantage peser sur les prestations versées par les organismes complémentaires. Pour les médicaments, une partie du surcoût pourrait rester directement à la charge des patients selon les garanties prévues.

Les organismes complémentaires devront intégrer ces nouvelles dépenses dans l’équilibre de leurs contrats. Cela crée une pression supplémentaire sur les tarifs, mais ne permet pas encore d’annoncer une hausse générale ni un pourcentage commun à tous les assurés.
L’évolution d’une cotisation dépend de nombreux facteurs : la consommation médicale de la population couverte, l’âge des assurés, les garanties proposées, les résultats du contrat, les frais de gestion et la politique tarifaire de chaque organisme.
Les fédérations représentant les mutuelles, les institutions de prévoyance et les compagnies d’assurance rappellent que les cotisations suivent notamment l’évolution des dépenses de santé, le vieillissement de la population, le développement des maladies chroniques, les transferts de charges et la fiscalité applicable aux contrats. Cette position est celle des organismes complémentaires ; elle ne constitue pas, à elle seule, une prévision tarifaire pour 2027.
Il est donc raisonnable d’anticiper un risque de hausse, mais prématuré d’affirmer que toutes les complémentaires augmenteront leurs cotisations dans les mêmes proportions.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a instauré une contribution exceptionnelle de 2,05 % sur les cotisations de complémentaire santé perçues en 2026.
Le texte prévoit également qu’au titre de l’année 2026, les cotisations ne puissent pas être augmentées par rapport à celles applicables en 2025. Il impose enfin l’ouverture de négociations afin d’éviter que cette contribution ne soit répercutée sur les cotisations des exercices en cours et à venir.
Un point doit être clairement distingué : la loi actuellement en vigueur institue cette contribution au titre de 2026 uniquement. À la date du 29 juillet 2026, aucun texte adopté ne prévoit automatiquement sa reconduction en 2027.
Additionner dès aujourd’hui cette taxe et les futurs transferts de remboursement pour présenter une facture certaine en 2027 serait donc inexact. Une éventuelle prolongation devrait faire l’objet d’une nouvelle décision, probablement dans le cadre du prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
Pour les contrats collectifs, une évolution des cotisations concernerait directement les employeurs et les salariés.
Dans le secteur privé, l’employeur doit financer au minimum 50 % de la complémentaire santé collective. Une augmentation du tarif entraîne donc généralement une hausse de la contribution patronale, de la participation du salarié ou des deux, selon les règles prévues par le régime. Une convention collective peut par ailleurs imposer un financement ou des garanties plus favorables.
La recherche d’économies ne peut pas reposer uniquement sur une diminution uniforme des garanties. Certains postes, comme l’hospitalisation, le dentaire ou les équipements médicaux, peuvent générer des restes à charge importants lorsqu’ils sont insuffisamment couverts.
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Plusieurs étapes seront déterminantes dans les prochains mois : l’avis des instances consultées, la publication éventuelle des décrets, leur date d’entrée en vigueur et la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027.
Ce n’est qu’après ces étapes que les organismes complémentaires pourront mesurer précisément les dépenses supplémentaires à intégrer dans leurs contrats.
Pour les entreprises, l’enjeu consiste donc moins à modifier immédiatement leur couverture qu’à préparer leur prochain renouvellement : analyser les dépenses du régime, vérifier la conformité des garanties et étudier plusieurs scénarios avant les premières propositions tarifaires.
ABE Courtage accompagne les entreprises dans l’analyse de leur complémentaire santé collective, la lecture des évolutions réglementaires et la préparation de leurs renouvellements.
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